Tellement chixes…

Mes amies, qu’est-ce qu’elles sont belles. Elles ont bien sûr des tonnes d’autres qualités. Fortes, indépendantes, intelligentes, curieuses, ouvertes d’esprit, drôles… (pis je dois m’arrêter là pour le bien de l’article) Mais si on s’arrête tout simplement à leur apparence physique, elles sont tout simplement magnifiques. Jolies au point de se faire proposer par des inconnus dans le métro d’aller prendre un café. Jolies au point de se faire tout bonnement offrir des fleurs par un étranger. Jolies au point de se faire payer un verre par le dernier venu. Jolies au point de se faire tripoter les fesses par des inconnus à la station Jarry. Jolies au point de se faire pogner les seins par un barman au St-Éli. Jolies au point de… je sais pas moi, oublier qu’elles sont autre chose que ça.

Je nous revois il y a quelques années déjà. Jeunes, et finalement, pas si plus jeunes que nous le sommes présentement. Le cégep à peine entamé, la majorité à peine acquise, la découverte des plaisirs des bars et des soirées bien arrosées. Évidemment, la découverte des clubs. Plus spécifiquement, la découverte des Foufs ou Foufounes électriques. L’endroit où il faut absolument être allé-e. Ç’a l’air en tout cas. Peut-être pas quand tu viens de Montréal, mais quand tu viens des Laurentides, c’est à peu près le seul nom que tu connais. (Rassurez-vous futurs Montréalais-es, ça change très rapidement.)

Ah… pis ce sont nos grands débuts. Le plaisir d’aller danser entre amies. Perdre la tête pour un petit moment, se laisser aller, ne pas penser à tous ces travaux qu’on aurait dû commencer il y a si longtemps… Mes amies, tellement belles, qu’elles se font immanquablement, systématiquement aborder par des garçons. Crime que j’ai été jalouse. J’exagère, mais quand même, j’ai été juste un peu triste de ne pas avoir eu, moi aussi, cette attention-là sur moi. Aujourd’hui, je me trouve complètement débile d’avoir eu une réflexion de la sorte. Parce que bien plus souvent qu’autrement, mes amies ne se faisaient pas vraiment aborder. Elles se faisaient plutôt lorgner comme des morceaux de steak. Elles se faisaient plutôt frotter le bas du dos, ou les fesses, par une érection qui n’était pas la bienvenue. Pis je me souviens donc de nos maudits stratagèmes pour fuir les gars en question, ou danser soudainement plus intensément avec des coups de coude ou des moves qui dissuadaient mêmes les plus braves (ou saouls) de nous approcher.

Here we are, today. Sensibilisées plus que jamais au concept du consentement, au féminisme, aux doubles standards, à l’objectification des femmes, au slutshaming, au victime blaming, à la culture du viol… Plus affirmées aussi. Pis on y retourne, aux Foufs. Peut-être par nostalgie d’un certain temps, je sais pas. Un gars qui tourne autour de mon amie. Il finit par la toucher, l’approcher, il veut danser très très collé avec elle. Elle se retourne d’un coup et lui dit : « je ne suis pas intéressée, merci ». Pas juste belle mon amie. Affirmée, mais aussi polie, patiente… Le gars continue à danser very proche, quasiment sur elle. « DUDE! JE T’AI DIT NON ». Ben TA-BAR-NAK (sorry mom, j’use encore une fois de jurons), le gars se fâche. Je change de place avec mon amie. Mon déo naturel étant un genre de poison pour la gent masculine (le seul commentaire qu’un gars m’ait fait dans un club étant : « eille tu sues beaucoup hein?!?! »), le dude fuit.

Ouin. Elles sont vraiment trrrrrrès belles mes amies… Sauf qu’elles ne sont pas des poupées de plastiques dans lesquelles tu peux mettre tes doigts ou ton pénis ou whateverelse que t’avais en tête. Tu peux pas les toucher comme tu veux. Ça fait que, non merci, non, je ne suis pas intéressée, arrête, stop, ben câlisse (oups encore) ça veut PAS dire continue. Pis fille, sens-toi jamais mal de dire non quand t’as pas envie. Fais le savoir quand t’as pas le goût, quand ça t’importune. Pis si t’en as envie, t’as pas à te sentir mal non plus.

Peace out

Médusa


Étudiante dans le domaine de la communication, Médusa, dont les propos peuvent parfois être venimeux, n’a pas la langue dans sa poche. Passionnée par les langues (mais pas le fourchelangue), elle adore serpenter à qui mieux-mieux les différents continents. Ironiquement, Médusa a une peur bleue des reptiles.


Pour relire le dernier article de Médusa – Désir et culpabilité – c’est ici!

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