Playlist

On a tous des souvenirs heureux associés à des odeurs, des images ou des sons. Suffit alors de croiser quelqu’un qui porte le même parfum qu’un ancien amant pour se revoir dans ses bras, ou le même chandail qu’un-e ami-e pour revivre des fous rires légendaires. N’empêche que les plus faciles à partager sont les souvenirs rattachés à de la musique. Alors voilà, je vous présente une courte playlist de mes romances estivales des dernières années.

Août 2014.

C’est un soir de semaine et je suis dans un bar avec une amie pour célébrer la rentrée. Il y a un tournoi de beer pong organisé un peu plus tard dans la soirée alors je vais nous inscrire auprès du barman. Khaled en profite pour venir m’aborder. Il m’observait depuis quelques minutes apparement. On fait connaissance adossé-e-s au comptoir, il m’offre un verre. On s’installe dans un fauteuil pour discuter plus confortablement. La soirée continue, on est bien.

L’heure du tournoi arrive, tout le monde s’installe autour de la table. L’ambiance est festive et enjouée. Je retrouve Marie, qui bavardait avec un jeune homme, et nous jouons ensemble contre Khaled et sa meilleure amie. Quel heureux hasard! La partie est très serrée et nous tient tous et toutes en haleine. Alors qu’il ne reste qu’un seul verre de chaque côté, Khaled arrête soudainement son mouvement, cherche mes yeux du regard et me lance :

If I win, can I kiss you?!?

Uhmm, ok. (!) But what if I win, can I kiss you!?!

Quelques lancés plus tard, la partie est finie – mais je dois avouer ne pas me souvenir qui, de lui ou moi, a gagné – et nous nous dirigeons l’un vers l’autre.  Sans autre préambule, nous nous embrassons. Comme ça, au centre de la pièce, sous les regards et les applaudissements ébahis des autres. Mais moi, tout ce que j’entends, c’est Clemens Rehbein, de Milky Chance, qui me chante :

I want you

We can bring it on the floor

Never danced like this before

Septembre 2014.

C’est presque l’heure du dernier métro, je dois partir. Mais je ne peux pas. Il faut que je lui parle au moins une dernière fois avant, pour essayer de trouver un moment pour le revoir. C’est que cette soirée karaoké avec Andy était vraiment magique. Alors j’attends et je le dévore des yeux pendant qu’il reprend, avec talent je dois dire, cette chanson de Don McLean :

So bye, bye, Miss American Pie

Drove my Chevy to the levee but the levee was dry

And them good ole boys were drinking whiskey ‘n rye

Singin’ this’ll be the day that I die

This’ll be the day that I die

Les minutes passent et Andy est toujours au micro. Mes amies commencent à s’impatienter, elles ont peur de manquer le métro. Moi, ce qui me fait le plus peur, c’est de manquer ma chance avec lui. Alors je reste et les filles me maudissent d’être obnubilée par cet homme que je connais à peine. Et moi, je le maudis lui d’avoir choisi une toune aussi longue.

Il termine – finalement! – sa performance en me regardant dans les yeux, dépose le micro et se dirige droit vers moi. Il y a un moment de flottement durant lequel j’oublie complètement le monde qui nous entoure et je suis certaine qu’il va m’embrasser. Puis finalement non. Juste un léger frôlement de doigts, un regard qui dit tout et un rendez-vous pour le surlendemain au même endroit. Les baisers – et le reste – viendraient à partir de la prochaine fois.

Juillet 2015.

J’ai passé l’après-midi à pédaler 3m derrière Gavin et à l’observer attentivement sur son vélo pendant qu’il me faisait visiter sa ville. J’y peux rien, je trouve ça tellement sexy quelqu’un qui fait du vélo et là, j’ai été servie! Je connais les contours de son dos, de ses fesses, de ses jambes par coeur. Bien mieux que mon chemin au travers des rues tortueuses de la Ciutat Vella de Barcelona d’ailleurs!

Le soleil est maintenant couché et on est dans un bar où on avait prévu venir danser. Mais finalement c’est soirée open mic, alors on écoute la musique d’une oreille en faisant connaissance autour d’une bouteille de rouge. La soirée passe et on rembarque à vélo, en route vers chez lui. En chemin, on s’arrête dans un parc pour revenir à notre plan initial et on danse au rythme d’une musique qui n’existe que dans nos esprits. On est seuls au monde et on s’embrasse, enlacé-e-s sous les étoiles et la lumière de la lune.

Un peu plus tard, dans sa chambre, on se déshabille sous les accords d’une sélection musicale des années ‘80s, nos lèvres toujours soudées. Étendu-e-s dans son lit, on mange du chocolat noir à deux, tout en ne faisant plus qu’un avec nos corps. Nos bouches s’entremêlent sans répit, le chocolat fond divinement et nous faisons l’amour avec douceur. Joe Elliott, de Def Leppard, entame son refrain et on chuchote avec lui :

Pour some sugar on me

Oh, I can’t get enough

I’m hot, sticky sweet

From my head to my feet, yeah

Padmé


Étudiante dans le domaine de la santé, grande rêveuse, voyageuse aguerrie et féministe convaincue, Padmé écrit autant pour se vider la tête que pour faire passer des messages et abolir les tabous.

Pour lire le dernier article de Padmé Mon expérience catastrophique avec la pilule – c’est ici!

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