Crissez donc la paix à mon utérus!

« Aujourd’hui, nous allons apprendre le cycle menstruel! » s’était exclamé avec entrain mon prof de sciences de secondaire deux. Peut-être parce que je n’étais pas à l’aise de parler de ce sujet devant les autres élèves de ma classe ou tout simplement par désir de rébellion, je me rappelle d’être allée au bureau du professeur pour lui dire quelque chose dans le genre : « Mais, monsieur, j’ai pas besoin de l’apprendre le cycle, je le sais quand je vais être dans ma semaine. » Ce à quoi il avait répliqué en riant : « Ben c’est quoi, tu te réveilles un bon matin pis tu demandes à ta mère de vite aller acheter des tampons? »

Euh, allo? Faut-tu être assez naïf pour penser qu’on achète les tampons juste quand on prévoit être dans notre semaine ? C’est comme du papier de toilette. Tu n’attends pas d’avoir chié pour en acheter. Tu t’organises pour en avoir tout le temps. Pis à part de ça, je n’aurais même pas osé mettre des tampons à cette époque-là (esti de prof tampon-normatif) tellement j’avais peur de mon propre vagin! Et oui, je le sais quand je vais être dans ma semaine bientôt, parce que je ne me fie pas sur un calendrier justement, mais bien à mon corps, et qu’il m’envoie des signaux (duuuhhh).

Ça, c’est ce que j’aurais aimé, rétrospectivement, répondre au professeur (quel fantasme ça serait qu’il me lise  présentement!). Malheureusement, la question du cycle menstruel et de la contraception, c’était loin d’être fini pour moi. Oh que non ma petite fille! Parce que tu as la responsabilité de bien le connaître ton cycle. Ben oui ma belle, si tu veux être active sexuellement, tu DOIS prendre la pilule, ou avoir un anneau vaginal, ou te faire injecter des hormones à tous les trois mois ou porter un stérilet. Bref, te protéger contre une grossesse non-désirée. C’est TA responsabilité. Ce genre d’approche, ça m’a toujours donné la drôle d’impression qu’on cherchait à contrôler mon corps, ce que je déteste plus que tout.  

Et tout naturellement, comme ça, plusieurs filles dans mon entourage ont commencé à prendre la pilule pour toutes sortes de raisons différentes (acné, régularisation du cycle menstruel, contraception, etc.). Sans avoir de pression directe de mes pairs, ma situation commençait à être perçue comme étrange ou hors de l’ordinaire : j’étais active sexuellement et je ne prenais pas la pilule, j’utilisais juste des condoms. Fucking weird right?

Et si on ne me présentait plus les avantages de la pilule sous l’angle de la procréation, on me la vantait (ainsi que les autres contraceptifs excluant les condoms) sous l’angle du plaisir. Ah oui, mais sans le condom, franchement, la sensation est teeeeeeeeellement meilleure! Il m’est arrivé, à l’occasion, d’avoir des partenaires sexuels, qui me faisait part de leur désir de se débarrasser de cet encombrant morceau de caoutchouc. D’autres, ayant moins de tact m’ont lancé un truc du genre : « il faudrait que tu commences à prendre la pilule… » Euh, pardon, quoi?

Non, mais est-ce qu’il y a juste moi que ça indigne? Avez-vous lu les listes interminables d’effets secondaires auxquels les femmes pourraient être exposées? Pis I guess que c’est juste normal qu’on ne se pose pas de questions et qu’on drogue / médicamente les femmes dès l’adolescence, et ce,  pour la majeure partie de leur vie?

Ben, moi j’ai dit non. Non à la pilule, non à l’anneau vaginal, non aux injections et non au stérilet. J’utilise des condoms, même avec des partenaires de longue date. C’est le choix qui m’a semblé le plus cohérent. Et pour ceux qui s’inquièterait pour mon plaisir, n’ayez crainte. Je fais l’amour sans préservatif quand je suis menstruée, puisqu’il n’y a aucun risque de tomber enceinte. N’est-ce pas une belle façon de revaloriser notre « semaine » ?

NB : Le but de ce texte n’est pas d’encourager les gens à ne pas se protéger. Il faut se protéger, autant des grossesses non-désirées que des ITSS. Seulement, il existe plusieurs alternatives. Renseignez-vous auprès d’un (ou de plusieurs) professionnel-le-s de la santé.

PS: La pilule contraceptive, l’anneau vaginal, les injections et le stérilet ne protègent pas contre les infections transmises sexuellement et par le sang. Le condom, oui.

PS2 : Vous avez envie de vous faire une tête sur la question de la pilule contraceptive? Je vous conseille fortement cette rubrique du Pharmachien qui vulgarise, à mon avis, bien le sujet.

Peace out,

Médusa


Étudiante dans le domaine de la communication, Médusa, dont les propos peuvent parfois être venimeux, n’a pas la langue dans sa poche. Passionnée par les langues (mais pas le fourchelangue), elle adore serpenter à qui mieux-mieux les différents continents. Ironiquement, Médusa a une peur bleue des reptiles.

Pour lire le dernier article de Médusa Quand le consentement est un turn-on – c’est ici!

Pour lire nos autres articles sur la contraception, c’est ici :

Les hormones du démon

Mon expérience catastrophique avec la pilule

Coexistence harmonieuse avec la pilule contraceptive

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