Pourquoi parler de sexualité?

Les gens qui me connaissent bien le savent : j’adore discuter sexualité. C’est un sujet que je trouve tout simplement passionnant. Chaque personne vit sa sexualité de façon si différente qu’on en a toujours plus à apprendre des autres.

Pourtant, bon nombre de gens sont plutôt mal à l’aise avec le sujet – à l’exception, bien sûr, des commentaires grivois et blagues sexistes qui font systématiquement surface à mesure que la pinte de bière se vide. Le tabou est si tenace que très peu osent en parler franchement. Si je mets mon point d’honneur à le faire (même si je dois avouer avoir beaucoup de mal à aborder le sujet en présence de mes parents), c’est que je déteste profondément cette règle non écrite selon laquelle on ne devrait pas parler de sexualité, et encore moins de celle des femmes. À mon avis, on ne gagne rien et on perd beaucoup à taire ce dialogue. Il faut arrêter de se mettre la tête dans le sable, la sexualité fait partie intégrante de la vie de tous et toutes: hommes comme femmes, jeunes et moins jeunes. On ne pourra jamais la cacher ou la faire disparaître, alors autant l’embrasser.

Bien qu’elle soit plutôt différente de celle des adultes, la vie sexuelle des jeunes n’est pas sans importance – bien au contraire! L’exploration et la découverte de la sexualité, sous toutes ses facettes, sont essentielles au façonnement identitaire des enfants et des adolescents*. En grandissant, nous sommes tous hantés par des tonnes de questions super pertinentes que nous n’osons généralement pas poser, trop souvent par peur du ridicule.  Pourquoi alors n’y a-t-il personne pour nous fournir les réponses que nous cherchons et dont nous avons tant besoin?

Il faudrait que vous – parents, enseignants, adultes en général – arrêtiez d’avoir peur de nous donner des idées. Soyez sérieux un instant, des idées, nous en avons déjà plein! Ce qu’il nous manque bien souvent par contre, ce sont des outils solides pour nous bâtir une sexualité saine et respectueuse de l’autre. Si vous voulez mon avis, il serait grand temps que les cours de sexualité reprennent leur place dans nos écoles primaires et secondaires.

Il y a ensuite le déni collectif de la vie sexuelle des femmes. Ça me jette à terre de constater qu’encore en 2017, notre sexualité soit aussi peu connue et mal comprise, et ce autant par nous-mêmes que par les hommes. Oui, les femmes aussi ont des besoins et des désirs. Les femmes aussi ont des fantasmes. Et nous aussi, nous nous masturbons. Ben oui!

Et en plus de devoir sans cesse nous réaffirmer là-dedans, il semble que nous soyons toujours fautives dans notre rapport à la sexualité. Toujours trop prudes ou, au contraire, trop exubérantes, nous sommes soit putes soit Sainte-Nitouches, mais jamais femmes épanouies.

Je crois que ce qui m’enrage le plus dans tout ça c’est que des femmes prennent part à la diffusion de ces idées erronées et destructrices. Mesdames, nous ne pourrons jamais être traitées en égales des hommes sans au préalable nous réapproprier notre sexualité! Pourquoi ne pas commencer par nous serrer les coudes et arrêter de nous juger entre nous?

Pour finir sur une note un peu plus personnelle, je dois dire que de discuter de ma vie sexuelle avec des personnes de confiance n’a toujours apporté que du positif dans ma vie. J’ai par exemple compris en discutant avec de bonnes amies que je n’étais pas la seule à être (vaginalement) irritée par de longues pénétrations. Ça m’a tellement soulagée d’apprendre que ça ne me rendait pas déviante de ne pas apprécier les va-et-vient interminables alors que la société essaie très fort de me convaincre que c’est ce que je devrais préférer!

Ce sont aussi les mêmes amies qui m’ont appris qu’il n’était pas normal que je ressente une douleur poignante à chaque pénétration. Quelques recherches google suivies de quelques semaines de rééducation périnéale et les douleurs sont disparues. (Plus sur cette histoire ici!) Ça a changé ma vie: c’est fou comment une relation sexuelle sans douleur c’est beaucoup plus agréable!

Et bien sûr, je me dois de mentionner que mes meilleurs amants ont été ceux avec lesquels la communication sur ce qui nous plaisait ou nous déplaisait mutuellement était ouverte.  Croyez-moi, ça fait toute une différence. Essayez, vous comprendrez! 😉

Bref, tout ça pour dire que le silence a assez duré. Il est l’heure de briser ce tabou dans lequel nous sommes englué-e-s et de dialoguer ensemble vers une approche plus saine de la sexualité. Pour ma part, je continuerai d’en parler ouvertement tant et aussi longtemps que des gens s’en verront choqués.

Point final.

Padmé


*Si le sujet vous intéresse, vous pourriez aller consulter le chapitre sur Les développements sexuels au cours de la vie du livre Nos sexualités écrit par Robert Crooks et Karla Baur. On y apprend notamment les comportements sexuels les plus fréquents durant l’enfance et l’adolescence et leur importance.

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